Michel Vauzelle : la principale décision que je ferai voter immédiatement ira de le sens d’une création de 10 000 emplois par an !

Malgré l'incident lié à l’éviction des candidats du PRG sur la liste des Alpes-Maritimes, l’union à Gauche est faite. Entouré de M. André Aschieri (Europe Ecologie), de M. Jean-Marc Coppola (Front de Gauche), de M. Ladislas Polski (Mouvement Républicain et Citoyen), Michel Vauzelle est serein pour le second tour de l’élection régionale.

Après une balade dans les rues de Nice, les colistiers de l’Alliance de l’Olivier, se sont rendus Place Garibaldi où a été planté, aux pieds de la statue du Héros des Deux Mondes, un olivier. Debout face à la statue du héros Niçois, l’ancien ministre de François Mitterrand s’exclame : " au moment les valeurs de la République sont en péril, il est bon d’être devant Garibaldi ".

L’Alliance de l’Olivier, composée du Parti Socialiste, d’Europe Ecologie, du Front de Gauche et du Parti Radical de Gauche, devrait arriver largement en tête dimanche prochain dans la quasi-totalité des départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et reconduire Michel Vauzelle à la tête de l’exécutif régional.

Nem : Le Président de la République trouvait étrange d’avoir un président socialiste à la tête de l’exécutif régional. Au lendemain du premier tour qu’avez-vous à lui répondre ?

Michel Vauzelle : J’ai à lui répondre qu’il a oublié une chose, et c’est dommage pour un Président de la République, c’est que c’est le peuple qui décide, ce n’est pas M. Sarkozy. En 1998 on nous donnait perdant et le peuple a donné un président de Gauche à la Région. En 2004 on nous donnait encore perdant et le peuple nous a encore confié la présidence de la région. Et cette fois-ci le peuple va encore prouver à Monsieur Sarkozy qu’il s’est trompé, que le peuple vote comme il l’entend et il donnera pour la troisième fois, me semble t-il, un président de Gauche à cette région.

NeM : Au vu des résultats du premier tour, tout porte à croire que vous serez réélu à la tête de l’exécutif régional. Quelle sera votre première action au lendemain de l’élection ?

Michel Vauzelle : Ma première action sera pour l’emploi. Le peuple souffre du chômage et des effets de la crise contre laquelle le président Sarkozy n’a pas de réponse et n’a pas de politique puisque c’est un ultra capitaliste et un ultra libéral. Que l’Europe elle-même a une majorité de Droite au Parlement européen et que personne ne protège les travailleurs français et les usines françaises contre les délocalisations et peu à peu la France perd tout son sang, toute sa substance qui fuit vers les pays où il n’y a pas de droit du travail… Où les gens et les enfants travaillent la nuit notamment au profit de pays comme la Chine ou l’Extrême Orient… Mais qu’est-ce qu’il restera à la France après ? Des chômeurs ? Alors je crois que la principale décision que je ferai voter immédiatement ira de le sens d’une création de 10 000 emplois par an en aidant les petites entreprises et en aidant la création d’emplois dans l’économie sociale et solidaire (ex : emplois de proximité comme l’aide à la personne, la médiation…). Et nous avons là beaucoup d’emplois qui peuvent être créés et qui permettront de recréer du lien social, mais aussi une sécurité fondée non pas seulement sur la police, dont Monsieur Sarkozy diminue les effectifs, mais sur le bien être ensemble, le bien vivre ensemble, la confiance et la fraternité, c’est-à-dire la République.

NeM : la Gauche semble unie aujourd’hui pourtant il manque un partenaire dans les Alpes-Maritimes : le PRG. Monsieur Picard a été évincé de votre liste et appelle à faire barrage à votre candidature. Qu’avez-vous à lui répondre ?

Michel Vauzelle : Que nous avons un accord qui a été signé avec le PRG au niveau régional et surtout au niveau national avec Monsieur Baylet, qui est le président national du PRG. Qu’il n’y a pas de problème avec le PRG. Chacun fait son choix, nous avons des accords signés avec les chefs de partis et nous les avons respectés. C’est un problème interne qui regarde le PRG.

Propos recueillis par Williams Vanseveren-Garnier

COMMUNIQUE de M. Jean-Christophe Picard (PRG) : Michel Vauzelle est un traitre

Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, et Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, avaient signé, le 17 décembre 2009, un accord électoral pour les élections régionales. Dans les Alpes-Maritimes, cet accord garantissait, « au 1er comme au 2e tour », la 11e place à un candidat PRG, en l’occurrence moi-même. Patrick Mennucci, le directeur de campagne de Michel Vauzelle, s’était fort logiquement engagé, la main sur le cœur, à respecter ce document…

Pourtant, comme chacun pourra le constater, aucun des trois candidats PRG présents au premier tour ne figurent sur la nouvelle liste de Michel Vauzelle - qui comprend trente places - dans les Alpes-Maritimes. Le PS n’a donc pas seulement rayé mon nom mais éradiqué tout un parti.

J’observe, en outre, sur la liste du 06, que le PS a accueilli de nombreux candidats – y compris socialistes - habitant dans d’autres départements. Gageons que ces touristes électoraux ne mettront pas souvent les pieds dans les Alpes-Maritimes !

Il est évident que cette scandaleuse manœuvre, à cinq jours du second tour, n’empêchera pas la victoire du président du conseil régional sortant… Le rejet de la politique de Nicolas Sarkozy est tel que la majorité des électeurs votera à gauche les yeux fermés.

Par contre, cela risque de porter durablement atteinte à sa crédibilité, auprès de ses partenaires, d’une part, et auprès des électeurs, d’autre part. Comment celui qui a exalté la Fraternité pendant toute sa campagne peut, sans rougir, piétiner aujourd’hui ses alliés de la première heure qui se sont dévoués corps et âme pendant plus de deux mois (je suis moi-même intervenu à douze meetings politiques et les radicaux de gauche ont distribué des milliers de tracts dans tout le département) ? Comment les électeurs de dimanche prochain pourraient croire au respect des promesses électorales émanant de quelqu’un qui refuse d’appliquer un accord écrit ? Comment de simples citoyens pourraient faire confiance à celui qui n’hésite pas à trahir ses plus fidèles amis ?

D’autant plus que Michel Vauzelle allant entamer son dernier mandat, il n’aura même plus besoin de chercher à satisfaire de futurs électeurs. Bref, il va pouvoir se faire plaisir sans avoir de comptes à rendre.

Sans doute, ma réputation d’être un électron libre, un homme qui maîtrise ses dossiers, ne faisait pas de moi le bon petit soldat attendu. Mes fonctions de responsable local d’Anticor, association nationale de lutte contre la corruption, n’ont certainement pas dû jouer en ma faveur… Aurait-on peur que je sois trop rigoureux, trop curieux, trop honnête ?

Aujourd’hui, je veux juste m’adresser aux radicaux de gauche des Alpes-Maritimes, à mes amis, à tous ceux qui ont participé à mes côté à notre campagne, à tous ceux qui m’ont soutenu et, plus globalement, à tous ceux qui ont espéré que les valeurs que je défend inlassablement, mon envie de faire de la politique autrement, mon obsession du respect d’une éthique politique, puissent avoir une petite place dans ces élections régionales. À tous, je veux juste vous demander pardon. Pardon des efforts que vous avez fournis à mes côtés. Pardon des espoirs que vous avez mis dans ma candidature.

L’ayant été moi-même, je vous ai abusé. Michel Vauzelle et ses sbires ne sont pas des personnages estimables.

Pour le second tour, je vais être très clair. J’appelle chacun à accomplir son devoir de citoyen : l’abstention, comme le vote blanc ou nul, ne servent à rien.

Être citoyen, c’est choisir !

Je ne voterai pas pour Michel Vauzelle et je demande à tous ceux qui partagent mes valeurs, mes combats et mes idées, de m’imiter. Aucune voix ne doit encourager la trahison.

Jean-Christophe Picard

Président départemental du PRG

Régionales : analyse politique de l'ancien maire de Nice Jacques Peyrat

06 : les résultats de l'élection régionale

Inscrits : 734 277
Votants : 317 069
Exprimés : 308 535

Gaston Franco (UMP) : 95 443 30,93 %
Jean-Marie Le Pen (FN) : 67 897 22,01 %
Patrick Allemand (PS) : 67 303 20,84 %
André Aschiéri (EE) : 38 847 12,59 %
Gérard Piel (FGE) : 14 853 4,81 %
Loïc Dombreval (ADE) : 7 253 2,35%
Patrice Miran (MEI) : 7 161 2,32 %
Benoit Loeuillet (LS) : 6 454 2,09 %
Florence Ciaravola (GSE) : 4 932 1,60%
Agnès Benkemoun (LO): 1 392 0,45%

Jacques Peyrat : "Nicolas Sarkozy m'a chassé du poste de maire que j'occupais"

"Je m'ennuie un peu" déclarait l'ancien maire de Nice, Jacques Peyrat en début de cet entretien. Quelques semaines plus tard, il semblerait qu'il ait fait fi de cet ennui en préparant son retour sur la scène politique locale. Parcourant la ville avec ses amis, l'ancien sénateur et maire devrait ouvrir prochainement une nouvelle permanence de l'Entente Républicaine avec l'ouverture d'un site Internet... Dans son Journal, Eugène Delacroix nous disait que, selon lui, "le secret de n'avoir pas d'ennui, c'est d'avoir des idées". Jacques Peyrat, lui, n'en manque pas depuis son tout premier engagement politique, aux côtés de Jean Médecin sous la désormais légendaire maxime d' "En avant les petits"... A suivre...


Suite et fin de l'Interview - 3ème partie

NeM : Après un passage au Conseil Régional, vous allez quitter le Front National. Sans étiquette, vous allez vous présenter aux élections municipales de 1995, Jacques Peyrat, seul, devant les Niçois et vous serez élu. J’imagine toute l’émotion que vous avez du ressentir à ce moment là…

Jacques Peyrat : Oui d’autant que ça n’avait pas été facile car je présentais ma liste de l’Entente Républicaine, qui était une bonne liste, avec des femmes et hommes qui chacune et chacun dans son métier – car à l’époque les conseillers municipaux avaient un métier, ce qui n’est plus le cas maintenant et on peut le regretter mais c’est ainsi – étaient les meilleurs. Mais, ceci étant dit, j’avais devant moi une liste de gaullistes du RPR ralliée avec l’UDF, puis le CNI, puis déjà le MPF ; puis il y avait mon ancien parti, le Front National, qui présentait sa liste ; puis il y avait les socialistes et les communistes qui mettaient toute leur hargne et leur haine, car ils ne m’ont jamais pardonné d’avoir été au Front National. Ce n’était pas évident d’autant que Monsieur Barety avait du paraitre au RPR – je veux dire par là qu’il était nécessaire de le conforter – et on lui avait envoyé, comme second de liste, M. Stefanini, qui était un énarque, un homme intelligent, et je redoutais beaucoup l’issue de la consultation même si tous les sondages me donnaient en tête, et même largement, mais je me méfie toujours des sondages. Et j’ai été élu effectivement, nous avons été élus, car dans ce genre d’affaire une liste municipale est une affaire collective, de belle manière. Oui, c’était sur la place Masséna, qui a accueillie l’explosion de joie de milliers de niçoises et de niçois qui étaient là et qui ont toujours au fond d’eux regrettés Jacques Médecin. Il était parti depuis quatre ans déjà et quelque part les maires qui l’avaient remplacé- la majorité municipale avait élu d’abord M. Bellet, qui était un chic type et qui a été très vite malade et Jean-Paul Barety, issu d’une grande famille niçoise et avocat – les niçois n’avaient pas retrouvé chez ces deux hommes là, quelque soit leurs qualités respectives et qui étaient certaines, le reflet de celui qu’ils aimaient : Jacques Médecin. Et je pense, comme je ne me suis jamais caché d’être un médeciniste, et je le dis encore maintenant d’ailleurs, ils ont espéré que je puisse représenter ce qu’avait été Jacques Médecin. Ils ont du être déçu car je ne suis pas de même nature, ni de même souche puisque je ne suis pas natif de Nice, même si je considère maintenant, un peu comme dans la Légion Etrangère, quand on s’y est engagé comme moi depuis cinquante-cinq ans, on a le droit au titre de niçois. Donc c’était un grand moment c’est vrai.

NeM : En 2001 les Niçois vous renouvellent leur confiance pour un second mandat, et puis quelque chose se casse avec les affaires. Est-ce que vous les avez vues venir ?

Jacques Peyrat : Non. Non je ne les ai pas vues venir. Les affaires, en réalité celles de M. Vialatte, de M. Monleau et de M. Le Deunf, car en réalité il y a eu trois affaires : l’une a secoué beaucoup Nice d’autant que déjà à ce moment là la Droite gaulliste songeait à reprendre la ville, maintenant je m’en rend compte. Mais j’ai été très naïf. Vous savez en politique il ne faut pas être naïf. Il faut être retord. Le pouvoir se gagne à la pointe de l’épée, ce que j’avais fait, mais il se conserve par la rouerie. Et de cela je n’en étais pas capable. Et donc, l’exploitation du cas de M. Vialatte – qui soit dit entre nous m’avait été recommandé par Jacques Chirac, Président de la République et amené par M. Bernard Pons… a donné matière au journal Nice Matin. Autant le journal Nice Matin est devenu une limande avec Christian Estrosi et d’une platitude exagérée, autant le Nice Matin à l’égard des Maires de Nice Jean Médecin, Jacques Médecin et Jacques Peyrat a été d’une hostilité larvée. Je ne sais pas ce que l’on avait fait au journal, mais même en changeant de propriétaire, et de directeur, il en était ainsi, et le journal a beaucoup appuyé sur la chanterelle. Vialatte n’était qu’un fonctionnaire, il n’entachait pas la liste municipale, mais il était mon Directeur Général des Services. Un homme remarquable d’ailleurs, je m’empresse de le dire. Et puis il y a eu l’affaire Monleau, un conseiller municipal que j’avais choisi qui, pour une somme d’argent dérisoire qui lui a été offert par un groupe a sali, et notre liste et moi-même. Aidé en cela, un peu plus tard, par M. Le Deunf, qui était aussi un conseiller municipal que j’avais pris. Et l’exploitation, la réalité d’abord, et l’exploitation qui en a été faite qui ont rappelé un petit peu aux niçoises et au niçois l’époque un peu impure de celle de M. Jacques Médecin a terni terriblement mon image. Autant quand Monsieur le Procureur de la République, Eric de Montgolfier, qui pourtant allait s’acharner contre moi après, m’a rendu sa première visite protocolaire et m’a dit : " je sais que vous n’avez rien à craindre parce que vous avez une solide réputation d’honnêteté", mais cette réputation a été ternie par cette première vague de désillusion pour les niçoises et les niçois. Le tramway : ce tramway personne n’en voulait, même pas mes adjoints, sauf un peu certains de mes directeurs, de mes personnels à la mairie. J’ai voulu le tramway un peu seul et contre tous.

NeM : Aujourd’hui on nous parle d’un tramway-métro pour la ligne 2. Qu’en pensez-vous ?

Jacques Peyrat : De la Foutaise ! De la foutaise et je vais vous dire pourquoi. D’abord avant de réaliser le tramway j’avais réfléchi longuement et j’avais pensé au métro que je n’ai pas choisi pour deux raisons. La première : nous ne sommes pas une assez grande ville pour justifier la rentabilité d’un métro. Et la seconde raison c’est que le sous-sol de Nice est tellement imprégné d’eau – celle des remontées de la mer et celle qui descend des collines – et tous ceux qui ont construit des parkings le savent bien, dès que l’on descend à trois, quatre mètres de profondeur on est dans l’eau. Et il faut donc utiliser des procédés de parois moulées, de cuvelages, qui rendent la construction dix fois plus onéreuse dans le cas d’un système de transport que de le faire passer à l’air libre. J’avais donc choisi le tramway, et après de longues hésitations, j’avais choisi le tramway sur rail. Si le tramway a été long, c’est que les socialistes ont bien joué. Ils ont fait recours sur recours. Cela a même eu pour effet de suspendre, quelques fois, la rapidité de construction et d’aménagement du tramway. Multiplier par la difficulté, entrainer par la forfaiture de M. Monleau dont je vous parlais, qui nous a fait choisir, payer par lui, un groupe - qui était pourtant un groupe important dans l’industrie française, il était même un des premiers – qui ne savait pas faire le tramway ; et qui a piétiné, piétiné misérablement, pour aménager ce tramway de surface. A telle enseigne qu’il a fallu que je me sépare de ce groupe. Et cela a mis du temps pour ne pas ruiner les finances de la ville afin de trouver un autre groupe qui a mené bon train le tramway. Mais on a, entre les recours et cette incapacité de partie cocontractante que nous avions établie pour réaliser le tramway on fait que les niçois ont été irrités du bruit, de la saleté, de la lenteur des travaux et c’est cette exaspération je crois qu’ils m’ont fait payer. D’ailleurs, Catherine Trautmann, avait fait un tramway à Strasbourg. Et j’étais allé, avant de décider de faire un tram, visiter un peu toutes les villes Paris, Bordeaux, Lyon, Strasbourg qui avaient un tramway. Et je me rappelle que son premier adjoint, qui est devenu maire à sa place quand elle est devenue ministre, Roland Ries, qui est un homme remarquable d’ailleurs, m’avait dis : " Jacques, si tu ne termines pas ton tramway un an avant les élections, tu es foutu ". Et j’ai terminé le tramway trois mois avant les élections… Il m’a manqué presque un an… et j’ai été foutu ! Et il avait eu raison. La prédiction de Roland Ries s’est réalisée.

NeM : Alors aujourd’hui nous sommes à l’aube d’une échéance importante : les élections régionales. En lice, Thierry Mariani, pour l’UMP, Jean-Marie Le Pen pour le Front National et Michel Vauzelle le président socialiste sortant avec lequel vous avez travaillé pendant dix ans. Quels souvenirs gardez-vous du président sortant et pour qui allez-vous votez même si le vote est très personnel ?

Jacques Peyrat : Voilà vous venez de le dire et je ne vous le dirai pas. Il y a un isoloir et il est fait pour cela. Chacun est en face, à ce moment là, de sa conscience politique. Mais vous m’avez demandé quelles impressions Vauzelle m’avait-il fait et je vais vous le dire. L’homme avait été avocat, ministre de la Justice d’ailleurs, et il était agréable et nos rapports ont été agréables. Bon il nous a mal traités, bien sûr, parce que la gauche est sectaire et il a fait passer des tas de dossiers avant les nôtres… mais élégamment. Et quand je lui téléphonais ou quand j’allais le voir à la Région il me recevait toujours assez gentiment, somme toute, réservant en général, ses fourches gaudies quand je n’étais pas là. (Sourires) Mais ce qu’il y a de sûr, c’est que je n’apporterai pas mon suffrage et que je ne le recommanderai pas de l’apporter pour la liste de l’UMP ! Je veux bien être cocu, mais pas content ! Je ne peux pas oublier que, sans raison fondamentale, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, m’a chassé du poste de maire que j’occupais en donnant son investiture morale, bien sûr, et en tout cas l’UMP l’investiture à Christian Estrosi qui quatre mois avant m’avait juré, les yeux dans les yeux, que la mairie ne l’intéressait pas parce qu’il avait un destin national et que son candidat était Jacques Peyrat. Alors vous comprenez, ces gens qui mentent comme ils respirent… Je ne peux pas appeler à voter pour eux. Qu’ils aillent se faire foutre !

NeM : Allez-vous écrire vos mémoires Monsieur le Maire ?

Jacques Peyrat : Alors ouais ! Si je n’étais devenu fainéant comme je vous le disais au tout début de notre entretien (rires). Et puis vous me donnez une idée en m’interviewant avec votre magnétophone… Je suis orateur, bon ou mauvais ce n’est pas à moi de le dire, mais je suis orateur. Un bavard et un baveux selon les règles du milieu (sourires) mais je ne suis pas un écrivain. J’ai commencé à écrire mais je sèche. Je sèche lamentablement (rires).

NeM : Il faut vous faire aider.

Jacques Peyrat : Oui, je sais il y en a beaucoup qui le font, comme celui qui m’a chassé de la mairie, qui a utilisé quelques nègres. C’est même raciste de le dire (rires). Mais je ne le ferai pas, non. Je crois qu’il faudrait effectivement que je trouve le temps, l’envie pour pouvoir écrire mes mémoires. En tous cas ça viendra, en son temps, tout doucement.

NeM : Merci Monsieur le Maire pour cet entretien.

Jacques Peyrat : Mais c’est moi qui vous remercie d’être venu me voir.

La Région soutient les exploitations agricoles dans leurs démarches de certification Agriculture Biologique

En juin 2006, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est dotée d’un Plan régional de développement de l’agriculture biologique. Elle a notamment mis en place dans ce cadre un dispositif pour encourager la certification Agriculture biologique des exploitations agricoles.

A quoi correspond cette aide ?

Il s’agit d’une subvention pluriannuelle égale à 100 % du coût de la certification d’une même exploitation pendant une période maximale de 5 ans entre 2007 et 2013, et plafonnée à 1 000 € par an. Cette subvention se répartit de la façon suivante : 50 % financée par la Région, 50 % financée par l’Union Européenne (FEADER).

Qui peut bénéficier de cette aide ?

Tout agriculteur, individuel ou en structure sociétaire, affilié à la MSA en tant que chef d’exploitation à titre principal, bénéficiant des prestations de l’AMEXA (dont le siège d’exploitation se situe en Provence-Alpes-Côte d’Azur) et ayant notifié son activité " Agriculteur Biologique " ou " conversion " de l’année en cours auprès de l’Agence Bio. Les exploitations des lycées agricoles et les associations situées sur le territoire régional sont également éligibles.

Modalités de versement de l’aide

Les agriculteurs qui ont déjà déposé une demande les années précédentes afin que la subvention attribuée soit versée, il suffit de renvoyer la demande de paiement de l’aide annuelle ainsi que la facture acquittée de l’organisme certificateur au guichet unique partenarial de ce dispositif :

- Direction Départementale des Territoires (DDT) pour les départements 04, 05 et 84,

- Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) pour les départements 13, 83 et 06.

Le formulaire de demande de paiement est disponible auprès de la DDT ou DDTM.

Pour les agriculteurs qui n’ont pas demandé d’aide à la certification les années précédentes :

Pour bénéficier d’une aide régionale et européenne pour la Certification AB à partir de 2010, il est nécessaire de se procurer le formulaire de demande ainsi que la notice correspondante, disponibles auprès du Groupement AB départemental, de la Chambre d’Agriculture du département, de la DDT ou de la DDTM, et de le renvoyer dûment rempli au guichet unique partenarial du département du siège de l’exploitation. Il est possible de bénéficier de cette aide pour une période de 4 ans (2010-2013) la date limite de dépôt des dossiers pour bénéficier d’une aide : 30 juin 2010

Jacques Peyrat : "la proportionnelle devrait être la règle pour le Parlement"


Suite de l'interview de M. Jacques Peyrat : " Je vous demande de ne pas donner plus de puissance à l'UMP ". Dans cette entrevue, l'ancien sénateur-maire de Nice nous parle des langues régionales, des souvenirs qu'il a conservé de ses prédécesseurs Jean et Jacques Médecin, de son accession à l'Assemblée Nationale... avec la plus grande simplicité. Cette interview a été réalisée le 15 février dernier dans les salons de l'Hôtel Aston où l'Entente Républicaine tenait son assemblée générale.


Nem : Vous pensez que les langues régionales sont menacées ?

Jacques Peyrat : Oui. Vous savez, langue qui n’est plus parlée tombe en désuétude. En Alsace on parle encore l’allemand particulier qui appartient aux alsaciens, on parle encore le breton en Bretagne, un peu le basque dans le Pays-Basque et chez nous, la langue nissart. Ces langues ne sont plus parlées maintenant que dans les campagnes ou par les personnes de mon âge, et quand la jeunesse ne parle plus, c’est parce que l’on ne parle plus dans les familles… Ma femme, qui est niçoise de souche, me racontait que ses parents et notamment ses grands-parents parlaient en niçois, mais qu’on lui interdisait de s’exprimer en niçois. La République était terrible, il fallait imposer la langue française. Je vous vois surpris Monsieur, mais savez-vous qu’en 1914 lorsqu’il y a eu cette mobilisation de plusieurs millions d’hommes qui sont allés au combat et quelques fois côte-à-côte, gens du Nord et gens du Midi, que ces gens ne se comprenaient pas. Les hommes parlaient tous leurs langues, l’auvergnat, le provençal, le chtimi, le nissart, le breton, le basque… Ils ne se comprenaient pas entre eux. Au bout de quatre ans ils se sont mis à se comprendre parce qu’on leur a appris le français, qui est devenue langue véhiculaire. Donc pour imposer le français dans ce pays, il y a eu de la part des instituteurs, les hussards de la République, un travail de fond pour habituer les enfants à quitter, en même temps que leurs sabots, leurs habitudes de « parler domestique », si je puis m’exprimer ainsi, pour pouvoir apprendre le français. Vous voyez que c’est une longue histoire là et Jean Médecin, qui était un homme extraordinaire c’est vrai, avec ce passé militaire dont je vous ai parlé, c’était un héros à l’état pur, cet avocat qu’il était aussi, cette vieille famille Médecin parlait niçois. Son fils Jacques, à son tour, parlait le niçois, mais un niçois moins littéraire que celui de son père, il parlait plus celui du Babazouk (le Vieux-Nice). Ces gens, qui avaient un grand charisme m’ont appris beaucoup de choses. D’ailleurs vous venez me voir là, à l’Entente Républicaine, et vous avez intelligemment compris que l’Entente Républicaine n’est, ni plus ni moins, que le pâle reflet du Rassemblement Républicain que faisaient Jean Médecin et Jacques Médecin son fils.

Nem : Vous avez conservé un bon souvenir de Jacques Médecin ?

Jacques Peyrat : Oui. Oui, mais je ne lui dois pas grand-chose parce que lui quand il est devenu maire à la mort de son papa – et j’y suis pour quelque chose parce que j’ai fait campagne pour lui, respectant le serment que j’avais fait avec son père, quand le temps des six ans se sont écoulés, il n’a pas jugé bon de me reprendre, ses sbires ayant un peu égrené de mauvaises choses à mon sujet, et je n’ai jamais su pourquoi. Et donc je suis revenu après, sans qu’il me demande quoi que se soit, mais en m’imposant, en dirigeant le Front National et en rentrant, avec onze de mes collègues, au Conseil Municipal. Et là, par contre, nous avons entretenu de bons rapports. Nous avons lutté à « fleurets mouchetés » pendant quelques années amusant un petit peu tout le monde et notamment la galerie. Mais j’aimais bien Jacques. C’est vrai j’aimais bien Jacques. D’ailleurs quand il a été incarcéré, à Grenoble, et puis près de Lyon, je suis allé le voir, notamment quand j’ai pensé présenter ma candidature. Et je lui avais demandé ce qu’il en pensait. Et il m’a répondu : « très, très bien et tu seras certainement un bon maire pour la ville de Nice.» Puis je lui ai dit : « Est-ce que tu souhaites que je prenne une personne en particulier sur ma liste qui serait proche de toi ? ». Et il m’avait demandé, avec émotion, de prendre sa seconde fille Anne-Laure, ce que j’ai fait. Ça ne m’a d’ailleurs pas très bien réussi car très rapidement elle s’est détournée de moi. Car l’orgueil des Médecin est considérable ! Mais j’ai fait ce que je devais faire, voilà.

NeM : En 1977, vous avez été l’avocat d’Albert Spaggiari, l’auteur du fameux casse du siècle dernier. Une récente œuvre cinématographique en a été faite : « Sans arme, ni haine, ni violence », en 2007, par Jean-Paul Rouve. Avez-vous vu le film et qu’en avez-vous pensé ?

Jacques Peyrat : Oui. Quand Spaggiari a fait son casse et que sa femme est venue, à mon cabinet, me demander de prendre sa défense, j’étais surpris, car je le connaissais bien, il avait été un ancien parachutiste lui aussi, il avait fait la guerre d’Indochine… J’ai dit : « Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a fait ? ». Et elle m’a répondu : « Et bien il a fait le casse de Nice. » Et là j’ai dit : « Quoi ? Le casse de Nice ? » Cela avait fait un bruit énorme dans la ville et c’est comme ça que j’ai pris la défense d’Albert. Bon, vous connaissez l’histoire, son incarcération puis son évasion spectaculaire et sa fuite. Et il n’a jamais été retrouvé. Pendant douze ou treize ans il avait eu toutes les polices de France et de Navarre aux trousses et ils n’ont jamais mis la main sur lui. Il est pourtant venu un certain nombre de fois en France, à Paris et même à Nice, me voir dans mon cabinet. Alors dans le film, l’acteur qui représente Spaggiari, s’est totalement identifié à lui. J’ai trouvé là une ressemblance et un jeu de rôle remarquable de cet acteur.

NeM : Vous l’avez rencontré ?

Jacques Peyrat : Oui, bien sur. Au paravent il était venu me voir, comme était venu me voir celui qui avait « les égouts du paradis », et pendant des heures je leur avais expliqué ce qu’ils savaient déjà et ce qu’ils ne savaient pas et notamment sur la personnalité extrêmement riche, sans vilain jeu de mot du fait du casse, d’Albert celui que nous appelions : « Bert ». Alors oui il est venu me voir et je pense que ça lui a servi pour son film, bien sûr.

NeM : En 1986 vous faite votre entée au Palais Bourbon en tant que député du Front National pour les Alpes-Maritimes. Qu’avez-vous éprouvé au moment de votre accession au Parlement ?

Jacques Peyrat : Hé bien je vais vous dire Monsieur. Là j’étais rentré effectivement au Front National en 1984 et élu député, puisque c’était un scrutin à la proportionnelle que le président Mitterrand avait institué, et qui selon moi devrait être la règle pour le Parlement français. Nous étions trente-cinq députés du Front National et cela avait fait du bruit dans « le Landernau ». Ce que j’ai éprouvé ? Hé bien je vais vous dire que, moi qui passait ma vie à parler comme je vous le fais maintenant, mais essentiellement parce que je plaidais un peu partout en France dans les Cours d’Assises, et qui est un exercice difficile et redoutable, je suis resté muet à l’Assemblée Nationale.

NeM : Pour quelles raisons ?

Jacques Peyrat : Terriblement impressionné. J’avais le sentiment que je n’étais pas à la hauteur de ceux qui m’avaient précédé, de tous ces grands noms de l’histoire parlementaire.

NeM : Vous pensiez à qui à ce moment là ?

Jacques Peyrat : A tous ces grands députés qui ont fait parler d’eux, comme à Raymond Poincaré, Georges Clémenceau « le Tigre », à Augustin Tardieu… enfin à tous ceux qui ont émaillé, qui ont fait la vie parlementaire, le parlementarisme de la troisième République. Et j’étais là et voilà… je n’osais pas prendre la parole. Et un jour le président de mon groupe m’a dit : « T’es avocat ou t’es pas avocat ? Alors si tu es avocat, tu vas prendre la parole ! » Et j’ai pris la parole pour la première fois sur un sujet que je connaissais bien, puisque j’étais le rapporteur du budget du soutien des forces de la Défense Nationale et des Forces Armées, et là, j’ai pris le « boc » de ma vie. J’ai pris le « boc » de ma vie parce que montant à la tribune, je salue, comme on le fait, le Président de l’Assemblée ; je m’incline devant le Premier Ministre qui était Jacques Chirac, et je commence : « Si nous sommes impuissants … » et je laisse tomber ma voix, comme des effets oratoires devant une Cour d’Assise. Sauf qu’à une Cour d’Assise on se tait et on écoute. Mais l’Assemblée n’est comme ça ! Et quand j’ai laissé tomber ma voix les lazzi ont fusés : « Mais si t’es impuissant, nous on ne l’est pas ! » Disait la Gauche, bien sûr. Et mon professeur d’Histoire du lycée Masséna, n’écoutant que son courage, Charles Ehrmann, s’est levé et à dit : « Mais laissez-le tranquille. Il était mon élève ». Et un socialiste lui à répondu : « Mais alors c’est à cause de toi qu’il est devenu impuissant… » (Rires) Je ne savais plus où me mettre et même mes copains rigolaient, tout le monde rigolait bien sûr, les huissiers rigolaient, les fonctionnaires rigolaient, les députés et le public rigolaient… Et puis j’ai repris courageusement : « Si nous sommes impuissants à juguler la montée de… » et puis hop là c’était parti. Voilà j’ai appris là à mes dépends comment on s’exprimait devant l’Assemblée Nationale.

Propos recueillis par Williams Vanseveren-Garnier

Notes de l'auteur : la troisième partie de l'interview sera consacrée à l'accession de Jacques Peyrat à la mairie de Nice en 1995 et à sa réélection, aux affaires qui ont entaché son second mandat, aux prochaines élections régionales, à l'actuel projet de la ligne 2 du tramway... Celle-ci sera diffusée la semaine prochaine.